G. Corrette : Messe du 8° ton à l’usage des Dames Religieuses et utile à ceux qui touchent l’orgue (R. Saorgin)

4190VT4K0RLTrès beau titre, ne trouvez vous pas ? « Toucher » l’orgue confère une note assez sensuelle à cet exercice, mais surtout donne l’idée de l’effleurement du clavier, et donc du raffinement de l’art de l’organiste. Mais après Couperin et ses deux messes, poursuivons notre exploration du répertoire organistique baroque français  avec un compositeur sensiblement moins connu : Gaspard Corrette. Comme Couperin, comme Bach, et tant d’autres pendant l’ère baroque, le virus de l’orgue se transmettait en famille : c’est le cas de la famille Corrette surtout connue pour son prénommé Michel (fils de Gaspard).

Nous savons peu de choses de Gaspard Corrette sinon qu’il est né en 1671 à Rouen et mort avant 1733. Sa seule œuvre qui nous soit parvenue est une messe pour orgue composée sur le 8° ton ecclésiastique. Tonalité solaire, sans ambiguïté, et dépourvue de citation de plain-chant (les messes pour les couvents échappant aux règles des messes pour les paroisses) tout comme celle de Couperin. La composition de Gaspard Corrette semble un peu plus simple et naïve en revanche. Mais nous aurions tort de mépriser une musique si propre à nous élever spirituellement. Ainsi vous apprécierez particulièrement la Cromhorne en taille, le Récit tendre pour le nazard, le Dessus de tierce par accords, la Tierce en taille ou encore la seconde Cromhorne en taille (élévation). D’une quarantaine de minutes, cette œuvre se révèle magnifiquement inspirée, ne laissant jamais l’auditoire dans l’ennui.

Avec l’orgue, Harmonia Mundi n’est pas dans le coeur de son répertoire, ce qui n’empêche pas que la captation soit assez précise et équilibrée. L’orgue Boisseau de la cathédrale de Monaco date de 1975 (il a été refait totalement en 2011, mais il ne s’agit pas de cet orgue dans cet enregistrement). Comme sa date de construction ne l’indique pas il s’agit d’un instrument essayant de reproduire la facture classique française, la famille Boisseau étant connue pour ses recherches dans ce domaine. Avant qu’Olivier Vernet ne lui succède en 2006, René Saorgin était l’organiste titulaire de l’orgue de la cathédrale de Monaco et interprète ici de façon sobre mais efficace cette messe que je vous recommande chaudement de découvrir.

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2 réponses à G. Corrette : Messe du 8° ton à l’usage des Dames Religieuses et utile à ceux qui touchent l’orgue (R. Saorgin)

  1. DavidLeMarrec dit :

    Le verbe « toucher » est synonyme du « jouer » actuel (en tout cas pour les claviers) ; il est fréquemment utilisé en français classique. 🙂

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