Florentz : L’Enfant des Iles / L’Anneau de Salomon (H. Soudant)

61aNW+RAXUL__SL500_AA280_Dans l’article présentant son oeuvre pour orgue, nous avons présenté Jean-Louis Florentz, nous n’y reviendrons donc pas. Ici il sera question d’un CD regroupant deux de ses oeuvres orchestrales : L’Enfant des Iles et L’Anneau de Salomon. L’Enfant des Îles, est un poème symphonique dépassant de peu la demi-heure, composé en 2000 et commandé par l’Orchestre des Pays de la Loire. Le disque ici présenté est ni plus ni moins que celui de la création de l’œuvre en 2002 par son dédicataire Hubert Soudant. L’Anneau de Salomon date pour sa part de 1999 et est issu d’une commande de l’Orchestre National de Lyon. Vous pouvez écouter légalement et gratuitement ce disque avec le lien suivant :

L’inspiration du compositeur pour L’Enfant des Îles démarre du poème Fièvre des Îles extrait du recueil Presque-Songes du poète malgache Jean-Joseph Rabearivelo (qui se suicida en 1937, à seulement 36 ans). Mais en réalité c’est une scène bien réelle à laquelle le compositeur a assisté sur « l’île rouge » qui l’incita à chercher un poème local pouvant l’illustrer. Une enfant, abandonnée par ses camarades de jeu partis pêcher à la barrière de corail, manifeste d’abord sa vive  désapprobation. Lassée, elle entonne un chant « plus ou moins pentatonique ». Jean-Louis Florentz charmé par ce qu’il entend, sait déjà qu’il utilisera ce thème pour sa prochaine œuvre.

L’Anneau de Salomon est une « danse symphonique », dédiée à Nelson Mandela. Florentz a bâtit son livret à partir de sources aussi diverses que l’Ancien Testament, les Mille et une Nuits ou encore l’œuvre de Gérard de Nerval. Sur une île de la Mer Rouge, Ben-Oni, adolescent jouant de la flûte s’endort profondément. Des Djinns punis par Salomon, lui apparaissent, et seront libérés par l’adolescent, favori de Salomon, qui lui avait confié son anneau magique.

Il est intéressant de constater que l’écriture pour orgue de Florentz n’est pas sensiblement différente de son écriture orchestrale. Son goût pour les accords très riches, pour la polyrythmie, sa recherche de timbre, mais surtout l’ambiance qui s’en dégage qu’on ne pourra jamais attribuer à un autre qu’à ce compositeur des tropiques. Loin des dogmes avant-gardistes, tout autant que d’une tentation de retour au romantisme, Florentz ne s’interdit rien. Ces deux grandes pièces symphoniques par leur inspiration et leur relative facilité d’accès sont de nature à être des pièces de répertoire. Hélas, son œuvre est difficile à se procurer au CD : versions la plupart du temps uniques et souvent stocks épuisés depuis bien longtemps. Il nous restera alors à souhaiter que ce compositeur attire un jour un peu plus l’attention des mélomanes et des directeurs de salles.

Ce contenu a été publié dans Florentz, Oeuvres orchestrales, avec comme mot(s)-clé(s) . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *